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Burnout : suis-je à risque ?


burnout blog christel leys psychologue

On parle souvent du burnout mais comment concrètement savoir si ça vous pend au nez ? Je vous propose ici une liste de symptômes qui devraient vous mettre la puce à l’oreille. Mais soyons clair, rien ne vaut l’avis de votre médecin traitant ou de votre thérapeute pour confirmer ou non vos soupçons.


1. Je pense non-stop au travail.

Que vous soyez ou non sur votre lieu de travail, il hante vos pensées. Vous avez du mal à profiter des moments en famille, ou tout simplement du moment présent, parce que vous avez sans cesse une boule au ventre qui ressasse des évènements passés ou des tâches à venir.

Pourquoi ? C’est de l’anxiété. Nous cherchons à contrôler beaucoup de choses. Tellement, qu’une journée de travail ne suffit pas pour tout anticiper. De plus, nous avons tellement de responsabilités sur nos épaules, et nous leur accordons une telle importance, que d’autres facteurs entrent en jeu ici tels que la confiance en soi et la peur du jugement des autres.

À partir de quand m’inquiéter ? Quand c’est récurrent et sans date de fin. Si vous êtes en plein milieu d’un gros dossier, dans une situation problématique ou dans une période de forte activité, il est tout à fait normal que le travail prenne plus de place que d’habitude. Dans ces cas-là, nous nous trouvons d’une situation particulière qui n’est pas faite pour durer. Cependant, si vous ressentez cette anxiété quotidiennement sans explication exceptionnelle et sans apercevoir une « date de fin », alors il serait intéressant de prendre ce symptôme en compte.


2. Je suis plus vite irritable qu’avant.

Vous êtes plus nerveux, moins patient, un rien vous énerve. Vous avez peut-être aussi envie de pleurer sans vraiment savoir pourquoi, juste parce que vous avez besoin de vider vos nerfs. Dans tous les cas, vous remarquez que vous n’êtes plus aussi relax qu’avant, que vous riez moins et que vous ne rêvez que d’une chose : qu’on vous laisse tranquille. Certains patients me disent qu’ils rêvent secrètement de se casser la jambe juste pour pouvoir rester tranquillement à la maison toute la journée et pour avoir une bonne excuse pour ne rien faire.

Pourquoi ? Vous vous sentez souvent contraint d’aller au-delà de vos limites pour des raisons professionnelles (aller au-delà de votre fatigue, faire des choses qui vous ennuient ou avec lesquelles vous n’êtes pas d’accord, sourire à des collègues qui vous insupporte, obéir à des règles qui n’ont aucun sens pour vous, etc.). Vu qu’au boulot vous vous écrasez tout le temps pour répondre des attentes, vous n’avez plus cette capacité à la maison. Quand vous rentrez le soir, vous avez épuisé votre patience et votre diplomatie et n’en avez plus (ou moins) pour la famille et les amis.

Quand m’inquiéter ? Si votre irritabilité se fait remarquer par les autres et que ça engendre des problèmes et/ou conflits avec vos proches, alors il est temps de s’inquiéter. Quand l’irritabilité et la nervosité vous touchent de temps en temps, comme pour n’importe qui, alors les proches se font pas affectés, ils pardonnent et oublient. Par contre, quand ils vous le font remarquer, cela signifie que d’une part ça dure depuis un long moment, et d’une autre part ça se manifeste relativement fort. Ce n’est donc plus un état émotionnel passager, mais plutôt un symptôme chronique.


3. Je me console avec des phrases telles que « c’est bientôt le week-end/ les vacances ».

Vous êtes peut-être dans une dynamique où vous ressentez une grosse fatigue physique et/ou mentale mais vous tenez bon grâce à des pensées telles que : « Ce sera bientôt le weekend/les vacances, je pourrai me reposer à ce moment-là ». Or, bien souvent, le weekend et les vacances ne suffisent pas pour vous retaper totalement. Ce qui fait qu’après quelques heures ou jours de retour au travail, la fatigue est déjà revenue. Il est même possible que vous ayez développé une peur du dimanche soir. C’est-à-dire, un sentiment de mal être et d’anxiété de plus en plus grand au fur et à mesure que les heures passent le dimanche et vous rapprochent du lundi matin.

Pourquoi ? Quand une situation de stress se présente à nous, notre corps se met en alerte pour y faire face. Il va aller pousser au-delà de nos capacités physiques et mentales pour nous permettre de solutionner ce qui nous stress. C’est un mécanisme de normal qui est bon pour nous dans le sens où ça assure notre survie (je ferai prochainement un article sur le stress pour expliquer tout cela plus en détail). Suite à cette période de surexploitation du corps et du mental, il y a obligatoirement une période de repos et de récupération. On a dépensé toutes nos réserves d’énergie, il faut donc impérativement les remplir. On ne peut pas empêcher ce phénomène de récupération, mais on peut le repousser à plus tard et c’est ça le problème. Plus on pousse au-delà de nos limites, plus la période de récupération sera grande et « écrasante ». Le burnout vient notamment quand le corps décide d’imposer cette période de récupération car la personne l’a repoussé trop longtemps.

Quand m’inquiéter ? Penser qu’un weekend de deux jours est trop court parce qu’on aime être libre de faire ce qu’on veut sans contraintes est totalement différent que démarrer nos semaines complètement épuisés car nos weekends ne nous permettent pas de nous reposer. Quand c’est le cas, que vous remarquez également que vous avez tendance à être souvent malade pendant les vacances ou weekend, et que l’angoisse du dimanche soir vous rend vraiment mal, alors ça signifie que vous avez vraiment besoin de démarrer la période de récupération.


4. Vous avez vraiment à cœur de bien faire votre travail

Vous vous donnez à 100% dans le travail et avez le souci de bien faire. Et pourtant, vous n’en tirez pas plus de félicitations que ceux qui ne font que le stricte minimum. Pire, les autres ayant remarqué le bon travail que vous faites, ils viennent directement vous demander votre aide ou vous refiler certaines tâches. Ça vous semble parfois injuste de voir la différence entre les efforts que vous fournissez et ceux que vos collègues fournissent. Cette situation vous énerve et pourtant vous avez un sentiment d’impuissance face à ce qui se passe.

Pourquoi ? Bien que le burnout à de multiples origines (venant du lieu de travail, de la personnalité de la personne et de l’entourage), un point commun qu’on retrouve souvent entre les personnes qui font un burnout est le perfectionnisme. C’est une valeur forte dans la personnalité de la personne, et ça la pousse à faire tout ce qu’il faut pour que le travail soit bien fait et que les autres soient satisfaits du résultat. Le problème, dans notre société, est que quand on travail bien alors au lieu d’être récompensé on est souvent accablés de tâches supplémentaires. La société est un peu dans une optique : « si tu travailles vite, alors tu travailleras plus ! », ce qui est épuisant physiquement, mentalement, et qui crée une carence en reconnaissance. On peut, de ce fait, ressentir de l’injustice vis-à-vis de ceux qui lâchent plus prise et qui travaillent moins pour, au final, les mêmes récompenses.

Quand m’inquiéter ? Le perfectionnisme est une qualité quand il est bien dosé. Avoir à cœur de bien faire son travail tout en respectant son rythme et ses besoins ne va normalement pas conduire à un burnout. Là où le perfectionnisme est poussé dans ses excès est quand la personne n’ose plus dire non, travaille régulièrement en dehors de ses horaires, stress fort pour des situations dont les enjeux ne sont finalement pas si importants que ça, et ressent petit à petit une vraie rage envers les collègues qui travaillent moins qu’elle. Des réflexions du type : « Ce travail n’est plus ce qu’il était », « on ne peut plus y apporter la même qualité qu’avant », « on n’a plus le temps de rien », etc. sont également un signe qu’il y a un dangereux fossé entre les efforts fournis et la reconnaissance reçue.


5. Je commence à avoir / J’ai des petits soucis de santé (douleurs musculaires, insomnies, mal au ventre, migraines, etc.)

Depuis quelques temps vous avez des petits soucis qui ne nécessitent pas forcément d’aller chez le médecin ni de se mettre sous certificat. Cependant, vous remarquez quand même que votre santé n’est plus aussi solide qu’avant.

Pourquoi ? Comme expliqué dans l’article sur le burnout, l’esprit a une meilleure résistance que le corps. Ce qui fait que quand le corps va commencer à fatiguer, il va se manifester par des petits soucis de santé que l’esprit, s’il n’est pas prêt à les écouter, va relativiser et minimiser pour que la personne continue d’avancer. Pourtant, si on écoutait ces premiers signes et qu’on réagissait rapidement, on s’éviterait pas mal de soucis. Car un burnout est évitable s’il est pris assez tôt. Malheureusement, ce qui arrive le plus souvent est que la personne attendra que ces symptômes s’amplifient au point de de voir aller chez le médecin et là seulement les soucis du travail vont commencer à être abordés. Les maux physiques étant liés à l’état émotionnel, ce n’est qu’en travaillant sur l’émotionnel et le mental qu’ils finiront par définitivement disparaitre.

Quand m’inquiéter ? Avoir des petits soucis de santé ne signifie pas automatiquement qu’un burnout se prépare. L’idéal est de comprendre l’origine de nos soucis en allant voir le médecin, faire un bilan sanguin, par exemple, ou faire des séances de kiné. Si un de ces professionnels détecte que l’origine de vos maux est le stress (peut-être professionnel), alors ce sont surement des signes avant-coureurs de burnout, surtout si le problème est chronique. C’est donc intéressant de creuser un peu plus pour éviter que ça n’empire.


Si vous vous reconnaissez dans ces symptômes, ça ne signifie pas que vous êtes en burnout. Cela signifie que vous vous dirigez vers le burnout, mais qu’il est encore peut-être suffisamment tôt pour l’éviter. Pour plus d’informations sur le burnout, je vous invite à aller lire ici mon article qui y est consacré. Le meilleur conseil que je peux vous donner est d’en parler à vos proches pour voir s’ils ont également remarqué un changement dans votre comportement, et surtout en parler à votre médecin traitant pour avoir son avis médical sur la situation. Si tout confirme que vous êtes sur une pente glissante, alors n’hésitez pas à consulter un psychologue qui vous aidera à éviter que la situation n’empire.


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